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Vice de Printemps, Folie sauvage … 3 ans !

On éteint les lumières, on chante joyeux anniversaire et QUE LA FETE CONTINUE !!!


Nostalgie. Le BBCBLDVM (bar bio / concert / boîte / lieu de vie / marseillais) a bien grandi et fête ses trois ans d’existence. On pourrait dire que trois ce n’est pas grand-chose. En réalité, trois ans c’est la découverte du monde, l’apprentissage, le développement, les débuts de la construction et l’épanouissement… Il s’en est passé des soirées mémorables, de superbes rencontres, des shows inouïs, des ateliers enchantés, des sets enflammés…


Sais-tu aussi que ce lieu mythique de la belle de mai cachent en ses murs de nombreux secrets… ? L’équipe du Chapiteau à fait le point sur le passé et a enquêté pour toi ! Aujourd’hui, on te dit tout.


La belle de mai – un quartier historique !


Dans les années 1860 la Manufactures des Tabacs située rue Sainte était le premier employeur de la ville de Marseille et la deuxième manufacture la plus importante de France. C’est précisément en 1868 que l’entreprise a déménagé dans un immense espace que vous connaissez tous, l’actuelle Friche - La belle de mai.


Les bâtiments ont été conçu d'après les plans de Désiré Michel, dans le quartier Belle de mai à proximité de la raffinerie de sucre Saint Charles. L’entreprise employait plus de 1300 personnes, pour la plupart des femmes du quartier, qui produisaient à la main, cigares, et cigarettes.




L’année 1868 est pour la ville de Marseille, porte de l’Orient et premier port colonial de France, celle de l’apogée économique. Le 3e arrondissement était l’un des plus dynamique, les magasins y étaient fréquentés, et tous les commerces prospères ! La vie de quartier très marquée et le tissu associatif riche.


Malheureusement, la manufacture se spécialise dans la production de cigarette Gauloise et Gitanes, mais la mode est au tabac blond… La marchandise produit ne se vend plus aussi bien et la manufacture est contrainte de fermer ses portes. En 1990 les 12 hectares de bâtiments sont désormais vides et l’ancienne usine devient l’une des plus grandes friches industrielles urbaines de France.


Cet ensemble architectural imposant est l'une des dernières traces de l'apogée industrielle de la cité phocéenne, l’un des derniers témoins d’une époque révolue.


Un nouveau visage

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que la fermeture d’une entreprise d’une telle ampleur est un véritable coup de tonnerre pour l’économie d’une ville et d’un quartier. D’autant plus que l’usine structurait l’ensemble de l’arrondissement à cette époque.


Heureusement, le temps de veille ne s’est pas étendu. C’est en 1992, deux ans après l’arrêt des activités que le projet de réhabilitation de la friche voit le jour. En 1995, un Projet Urbain visant à ne plus séparer les dimensions culturelles et urbaines est élaboré. L’ancienne usine se transformée en un pôle de création artistique et alternatif. La Friche La Belle de Mai est aujourd’hui un lieu devenu incontournable dans la culture marseillaise. Expositions, événements festifs, lieu de résidence artistique…


Le quartier attire à nouveau les marseillais.e.s avec un tissu associatif toujours de vigueur. Les Tête de l’Art, Le Couvent Levat – atélier Juxtapoz, L’Embobineuse théâtre de fortune, le cinéma le Gyptis, La Cantine du Midi … le quartier de la belle de mai se veut attractif.


A 10 minutes à pieds de la Friche se trouve un coin de paradis qui regorge d’anecdotes plus folles les unes que les autres… C’est désormais sur Le Chapiteau - la belle de mai que l’histoire va se concentrer. Entre événements culturels et grosses soirées, quelle est l’identité de ce lieu fleurissant ?


L’affaire Chapiteau, les prémices.

Pour aller plus loin sur l’histoire j’ai interrogé Serge Pizzo. Rencontre avec ce pilier de la belle de mai.


Rencontre avec Serge Pizzo

On est jeudi. Il pleut. Vêtu d’un chapeau, Serge m’attend au coin de la Traverse Notre Dame du Bon Secours, rencontre avec cet habitant du quartier de longue date.


Serge connaît bien la belle de mai. Dans les rues, il s’arrête régulièrement pour saluer les passants. Habitants, commerçants, voisins, tout le monde semble l’apprécier. En chemin, il m’évoque un temps que je n’ai pas connu, « Tu sais il y a 40 ans, la belle de mai c’était une véritable boutique : fringue, chaussures, tu trouvais ce que tu voulais. Une année on a même organisé un carnaval avec toutes les écoles du quartier et on les a réunies rue Belle de mai. Tout le monde chantaient dansaient, c’était beau à voir. La fermeture de l’usine de tabac a été vraiment douloureuse pour les environs ».


Je suis certaine qu’il aura réponse à toutes mes interrogations.


Installés, je lui demande de me raconter son histoire : à la fin des années 70, un soir, Serge rentre du travail et tombe sur un petit écriteau boulevard Boyer « Prochainement, ouverture d’une maison pour tous ». Instinctivement, Serge entre dans le bâtiment. Il y présidera le club photo pendant plusieurs années avant d’être repéré par la fondation @Léo Lagrange. A la naissance de ses filles il a fait partie du groupe des parents d’élève, et depuis il préside le Comité de Quartier de la Belle de Mai depuis 25 ans.

« J’ai toujours eu une vie militante. C’est dans ma nature. Je ne conçois pas de vivre dans un système sans contribuer à le faire avancer. »

La Boule Bleue, un club de pétanque…


Après cette présentation je commence donc l’interrogatoire.


« -Vous avez donc été témoin de l’évolution du Chapiteau. Quel a été ce lieu, quelle est son histoire ? »


Serge me raconte.

Dans les années 70 au numéro 38 de la Traverse Notre Dame de Bon Secours se trouvait … Un club de boule ! Et le plus grand de tout Marseille s’il vous plaît ! Ce club s’appelait La boule bleue. Ce dernier était spécialisé en jeu provençal : la longue.


La longue, c’est l’ancêtre de la pétanque. Serge dit que ça ressemble un peu à la lyonnaise. Si j’ai bien compris, ça consiste à faire quelques pas avant de tirer sa boule sur un terrain d’une longueur de vingt-cinq mètres ! ça à l’air très sportif.


Un jour, une bande de lézard qui en avait marre de courir partout ont dit non aux trois pas ! Et ainsi est née la pétanque, qui signifie : pied tanqués. En voilà une anecdote pour briller en société 😉. Ce club a longtemps été le rendez-vous des champions de pétanque, les vrais. C’est pourquoi La boule bleue était dotée d’une grande renommée.


A cette époque, la pétanque était vraisemblablement marquée par une forme de « voyouterie ». C’était une activité qui allait de pair avec les parties d’intérêts. On pariait de l’argent et certains codes devaient être respectés. C’est pourquoi, si quelqu’un demandait « d’intéresser la partie » il valait mieux refuser au risque de perdre quelques plumes !


La boule Bleue, club de pétanque mais pas que !


Comme la majorité des clubs de pétanque, la boule Bleue était dotée d’un bar. Serge me dit que « Le bar Les Bleus faisait vivre le club de boule, et le club de boule faisait vivre le bar ». On ne sépare donc pas les boules de l’apéro.


A l’origine de ce nom, la couleur de l’uniforme des ouvriers de la manufacture de tabac. Habillés en bleu, ces femmes et hommes s’y retrouvaient pour décompresser après une longue journée de travail. Les triplettes dans la main droite, le cigare et le pastis dans la main gauche. Ils s’y sont passés des choses…


Pendant des décennies Les Bleus était le point de rdv de ce quartier bouillonnant. Forcément, il était aussi le QG de la pègre marseillaise. C’est sans doute pourquoi une scène du film Borsalino, y a été tourné.


He oui, tu reconnais ces platanes ?


Tu as peut-être déjà essayé quelques figures de « pole dance » sur ce poteau ?


Ce film est réalisé par Jacques Deray en 1970 et inspiré du livre Bandits à Marseille écrit par Eugène Saccomano et publié en 1959.


Le film raconte l’histoire de deux jeunes malfaiteurs des années 30 qui se lient d'amitié et deviennent les rois de la pègre à Marseille. En mettant Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans la même affiche pour la première fois, le long-métrage connaît un important succès et fait plus de 4,7 millions d'entrées.


Attention mais Les Bleus n’était pas uniquement le rendez-vous des mafieux marseillais. Grâce à sa véranda vitrée dans laquelle « les vieux tapaient le carton » et sa grande piste de danse ou on pouvait également jouer au billard, le bar était très prisé. « Un bon bar de quartier qui sent bon le Ricard et duquel on ressort le foi brulé » me dit Serge avec son authentique accent du sud. J’imagine un temps où les téléphones portables n’existaient pas et où lorsqu’on cherchait sa bande de pote, on les retrouvait attablés au bar des Bleus !


Même si Serge évoque cette époque avec nostalgie, il n’est pas mécontent que Le Chapiteau remplace La Boule Bleue. Bien au contraire, il se dit ravie que Mariana et Arnaud aient repris le club, « c’est un projet qui vie, qui a de l’énergie et surtout qui préserve ce bel espace vert en plein cœur de la ville ! ». Il n’est triste que pour le changement de nom « Les bar des Bleus, c’est mythique ! »

Le Chapiteau la belle de mai – 3 ans de folie

En 2017 un couple a envie d’ouvrir un bar dans lequel ils auraient aimé faire la fête - un lieu où la musique, l’environnement et l’humain ne fassent qu’un ! Ils s’installent à la place des Bleus et depuis 3 ans il y organisent des événements très divers. Du théâtre au cirque, de l’acroyoga aux tournois de pétanque, des ateliers jardinage à la fanfare et surtout, beaucoup de soirées ! Avec ce magnifique terrain de 2700 m² chaque weekend au Chapiteau est comme un nouveau festival !


Côté environnement, ils travaillent dur. Au Chapiteau, tous les alcools sont bios et locaux, la déco est faite à partir de meubles de récup, les déchets sont compostés et les pailles en plastiques abolies depuis très longtemps ! La cerise sur le gâteau ? Le bar, bio et local, pratique des petits prix ! Car les bons produits doivent être accessibles à tous.tes !


Côté humain, ils défendent le respect et l’ouverture d’esprit. Accompagnés et labellisés par Plus Belle la Nuit, ils sensibilisent leurs employés à la lute contre le harcèlement et essayent de construire un lieu libre des homophobies, transphobies, misogynies, racismes et tout type de discrimination. De plus, des outils sont mis en place pour que la fête soit faite de manière responsable (capotes, bouchons d’oreille, éthylotests…).


Finalement, côté musique, plus de 400 événements y ont été organisés ! Le Chapiteau devient un véritable lieu de fête, ouvert et alternatif qui défend la place de la musique électronique dans la scène marseillaise. Il permet l’accès à la musique avec, à la fois la participation d’acteurs locaux et d’artistes internationaux


En bref, beaucoup de rire, de danse et d’euphorie concentrée en un seul endroit. La preuve en image :


Les 3 ans du Chapiteau

Grande occasion, grande soirée ! Une fête au thème burlesque sous le signe de la magie, du grandiose et du spectacle : Vice de Printemps – Folie Sauvage.

2 scènes, 5 DJ, un lieu transformé en cabaret ... plein de surprises t’attendent.


On vous annonce la date, dès qu'on peut ! 😉

Prenez part à notre histoire !

Entrez dans l’arène, dansez, jouez

Le clou de la fête, c’est vous !




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38 Traverse Notre Dame de Bon Secours, 13 003 Marseille

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